Retour a Bangkok
Mais revenons un peu en arriere :
Mes inquietudes se sont revelees sans fondement a Sa Keo. J’ai tres bien dormi, et l’hotel est bien plus familiale qu’il n’y parait au premier abord. Ca tombe bien pour moi, car je prefere cette ambiance.
La ville n’est pas franchement la plus belle qui soit. Je dirai meme que tout ce qui peut faire le charme habituel d’une ville est absent ici... Mais etonnament, je m’y sens tres bien. Le niveau de vie semble suffisant pour que les gens aient de quoi vivre a l’aise sans devoir travailler comme des fous. Et ils savent visiblement profiter du temps, car celui-ci s’ecoule doucement. Je zone avec plaisir. Par exemple, quand je cherche quelqu’un pour recoudre quelques vetements, je suis bien content de ne pas trouver tout de suite. Ce me permet de faire durer l’errance.
En revenant d’une sesssion internet, je suis invite par un groupe de gens – thais - pour manger un morceau. Super sympa, meme si la conversation est tres limitee par mon niveau de thai – nul - et leur niveau d’anglais - pas bon. Remarque annexe: je croise parfois des touristes qui se plaignent du niveau d’anglais catastrophique ici. Mais ils ne manquent pas d’air les gars : eux, ils ne parlent pas meme un seul mot de thai !!! Je me suis permis de leur rappeller de temps en temps qu’on est pas en Europe ou aux USA... Reactions interessantes. Fin de remarque.
Bon, finalement, j’ai de la chance car le fils du patron, Art, parle mieux anglais que les autres, et on sympathise. Il faut dire qu’il a de bons arguments pour devenir mon pote : il est tres conscient des problemes de pollution de son pays - rare ! - et il veut creer un « gang » de cyclistes dans sa ville pour que les gens prennent conscience qu’il y a des alternative a la moto et a la voiture. Il est d’ailleurs en train de reparer un vieux velo.
Bref, un chouette gars, qui prend du temps pour me montrer le temple local, m’indiquer different endroit pour faire mes achats, etc...
Il m’emmene aussi au resto. Un buffet koreen - ouais, enfin, moi j’en sais rien, mais c’est ce qu’il m’a dit - genre fondue chinoise. Mais en plus du pot avec du bouillon, on peut griller de la viande, du poisson et des crevettes. A volonte.... Ahhhhh, ceux qui connaisse mon amour pour les buffets a volonte peuvent imaginer mon bonheur ! Parce qu’en plus, y’avait des salades, des petites ailes de poulet frites, bref, que du bon. Meme les dessert sont a volonte – typique thais, donc bien gelatineux qui flottent dans du jus de canne a sucre. Mmmmmh...
Art est un vrai playboy : quand on etait au resto, il a reussi a avoir le numero de telephone de la plus jolie serveuse -et c’est pas peu dire, je vous promet!- en moins de 2 minutes, montre en main. Quel talent !
Je paie le resto pour les deux - 89 baht par personne, soir environ 3 CHF. Ce n’est pas beaucoup pour moi, et pour lui c’est quand meme une certaine somme. On rentre. Separation emouvante, car on a passe 3 jours super sympa ensemble. Je pensais ne passer qu’un nuit dans cette ville, et finalement je m’y suis attache. Grace a Art et a son pere, principalement. Je lui demande d’ailleurs de bien le saluer et remercier, car je pars le lendemain. Mais voila que 20 minutes apres son depart, on frappe a ma porte. C’est justement le pere, qui voulait absolument me dire au revoir et m’offrir un porte-bonheur local. Je suis extremement touche. Un grand souvenir pour moi. Un acceuil que je n’aurai jamais attendu dans une ville telle que Sa Keo.
Le lendemain matin, je prends le train pour Prachin Buri, ou je pars a velo en direction du parc national de Khao Yai. Une entree au prix prohibitif de 400 baht – le double d’il y a un an – mais une foret magnifique. J’entends et appercois plein d’animaux. Mais ca monte... 850 m de denivele. Et moi qui ne fais que du plat depuis un mois et demi, je vous assure que je souffre, charge comme je suis... Mais ca en vaut le coup:

En plus, il y a de supers campings la-haut, comme chez nous. Comble du luxe : les nuits sont fraiches ! Je dois meme entrer dans mon mini sac de couchage, c’est dire. Et le must : je rencontre deux hollandaises de 35-40 ans qui voyage autour du monde en velo/train/bateau/avion.
Deja 7000km de velo. Et avec quels velos...

Le destin est genereux parfois. D’autant plus que je me disais justement que ce serait sympa de rencontrer des cyclistes et qu’elles se disaient exactement la meme chose de leur cote ! Un excellent feeling entre nous.
Le parc national en lui-meme nous gate bien : daims, cerfs et autres machins de ce genre viennent a quelques metre de nous dans le camping, pour quemander de la nourriture.

On voit aussi des macaque – les salauds, ils ont essayer de voler ma mangue et ma banane ! Je leur ai courru apres en les insultant en francais, et ils on lache mon precieux casse-croute. Mais mes preferes sont les gibbons. Leur chant est magnifique, quoique un peu matinal... On pourra meme les observer un peu plus tard dans la journee.
Bon, tout ca c’est bien beau, mais il faut que je me decide a retourner a Bangkok. A regret, mais je prefere avoir quelques jours devant moi pour trouver un endroit ou je pourrai laisser mon velo et un sac pendant moi voyage a Bali.
Et puis, heureusement, Bangkok est la capital de la nourriture !

Vous connaissez le petit prince ? Et bien voila la version thailandaise de « dessine-moi un mouton ». Sauf que la, c’est un poulet ! Non contamine par la grippe aviaire, bien sur. Ca, c’est que vers la frontiere avec le Cambodge. Et au Cambodge, c’est que vers la frontiere avec la Thailande... Mais vouiiiiii !

Euh, madame, il a pas un petit probleme de fumee ton barbecue ?

Bon, j’ai decide de me payer un hotel vraiment pas cher. 170 baht. Pas vraiment terrible, mais en contre-partie, je m’offre un massage traditionel thai demain matin. Faut pas se laisser aller non plus!